The Melvins... ou l'art de la facilité. Un groupe qui n'a jamais eu besoin d'en faire des tonnes pour convaincre. Un groupe mythique, l'une des influences majeures des années 90, 2000. L'une des plus belles pages de l'histoire du rock. Et pourtant, les Melvins sont restés plutôt anonymes et ce malgré un indéniable talent et surtout un "chargé de pub" très efficace : Kurt Cobain. Oui, souvenez-vous, The Melvins était l'obsession de Cobain : "Le passé, le présent et le futur du rock". Kurt Cobain était quasimment le seul à en parler de ce groupe, les membres eux-même n'ayant jamais été intéressés par la gloire, le succès et tout ce que cela implique. The Melvins ne sont pas des rock-stars et ont toujours su préserver leur intégrité. Chose rare... Bref, qui n'est jamais tombé sous le charme d'une chanson des Melvins ? Des compositions sinistres, poétiques, des comptines légères ou tragiques, des reprises magnifiques... The Melvins sur M.O.O.N c'est un évènement. Profitez de leur page, de formidables souvenirs devraient survenir...
1980 => Les Melvins se forment à l'initiative de Buzz Osborne (guitare, chant), Matt Lukin (basse) et Mike Dillard (batterie).
Le groupe ne joue au début que des reprises de The Who et de Jimi Hendrix puis s'oriente vers le punk hardcore.
Lorsque Dillard quitte le groupe et est remplacé par Dale Crover, les jeunes musiciens changent de lieu de répétitions et vont chez les Crover, à Aberdeen, Washington.
Le groupe commence à donner quelques concerts. Un ami de Crover, Kurt Cobain les aide souvent à transporter leur matériel. Cobain auditionne pour devenir le guitariste du groupe mais n'est pas retenu. Lors de l'audition, il était si nerveux qu'il avait oublié toutes les compos. Cobain est tout de même resté en bons termes avec le groupe et a plus tard joué sur certains titres.
1985 => Le label C/Z Records produit "Seep six", un cd contenant 4 titres des Melvins.
1986 => Le groupe enregistre un Ep 6 titres (il sera réenregistré plus tard pour être le bonus de leur second album "Ozma").
1988 => Osborne et Crover déménagent à San Francisco, Californie. Lukin n'a pas suivi et a fondé entre temps le groupe Mudhoney. Il est remplacé par Lori Black.
1989 => Melvins enregistre l'album "Ozma" en mai. Cet album est produit par Mark Deutrom qui rejoindra plus tard le groupe en tant que bassiste.
1991 => Après avoir terminé l'album "Bullhead", le groupe part en tournée en Europe. Le show du 23 janvier est ré-enregistré pour "Your choice live series vol 12".
Puis, la formation retourne en studio pour enregistrer "Eggnag".
Lori Black quitte le groupe et est remplacé par Joe Preston.
1992 => Sortie de l'album Lysol (rebaptisé plus tard Melvins par le nom Lysol était utilisé sans autorisation).
Preston quitte le groupe et Lorax revient.
1994 => The Melvins enregistrent deux album "Stoner witch" et "Prick".
1996 => Sortie de "Stag".
1997 - 1998 => Le groupe présente "Honky" un nouvel album et enregistre un concert en aôut à Melbourne, Australie pour le Cd "Alive at the fuckerclub" qui sort en 1998.
1999 => Le groupe débarque chez Ipecac, le label de Mike Patton.
2000 => Sortie de "The crybaby".
2001 => Le groupe présente "Colossus of destinity", deux longs titres expérimentaux.
2004 => Le groupe collabore avec l'artiste Lustmord pour "Pigs of the roman empire" et avec Jello Biafra pour "Sieg Howdy" et "Never Breathe What You Can't See".
2006 => Sortie d'un nouvel album "(A) senile animal".
De nombreux musiciens ont eu l'occasion de jouer avec The Melvins :
Ils ont joué avec le groupe :
Matt Lukin (basse 1983-1987 )
Lori Black (basse 1987-1991)
Joe Preston (basse 1991-1994)
Mark Deutrom (basse 1994-1998)
Dave Scott Stone (guitare entre 2000 et 2001 puis basse en 2004 et 2005)
Kevin Rutmanis (basse 1998-2004 joue aujourd'hui avec Tomahawk)
Trevor Dunn (basse en 2005, joue avec Fantômas et Trevor Dunn's Trio Convulsant, a également joué avec Mr Bungle)
Kurt Cobain (a produit l'album Houdini et joue sur Spread Eagle Beagle)
Billy Anderson
Gene Simmons (a joué également dans Kiss)
David Yow (2005, pour deux concerts à Londres)
Jello Biafra (Never Breathe What You Can't See et Sieg Hody)
Lustmord (Pigs Of The Roman Empire)
Mike Patton (patron du label sur lequel est signé le groupe depuis 1999. Joue sur le morceau "GI Joe". Joue également avec Fantômas, Tomahawk. A joué dans Faith No More et Mr Bungle.)
Mike Dillard (batterie 1983-1984)
Mike Ziegler
Bill Bartel
Adam Jones
Fantômas
(A) Senile Animal
Sortie : 2006
Label : Ipecac
Style : Stoner / Grunge
Après trois ans d'absence, revoilà The Melvins accompagnés cette fois des membres de Big Business. Pour l'occasion le groupe a décidé d'alourdir davantage leur musique en y ajoutant une seconde batterie et un deuxième chant lead. Les guitares sont incisives, les chants se complètent parfaitement ("A history of drunks") et les titres s'enchaînent avec une facilité déconcertante. (A) Senile Animal est un excellent album entre punk, grunge, stoner. Les Melvins sont toujours là...
Deuxième album issu de la collaboration entre Jello Biafra et The Melvins, "Sieg Howdy" est une véritable réussite. La voix de Jello Biafra s'allie à merveille à la musique lourde et technique des Melvins ("Halo of flies") : riffs agressifs, longs solis, mélodies inspirés... L'album alterne des morceaux très rapides (50 secondes pour "Voted off the island") et d'autres plus expérimentaux et plus longs (l'étange "Dawn of the locusts"). Pour les fans des Dead Kennedys et des premiers Melvins.
"Mangled Demos from 1983" regroupe les premiers enregistrements des Melvins, en 1983. Tous les titres ont étés remasterisés par Ipecac. Jusqu'en 2005, aucunes de ces compositions n'étaient officiellement sorties (le groupe n'a commencé à intéresser les labels que bien plus tard), seuls quelques titres apparaissaient sur des bootleg. "Mangled demos from 1983" est un album précieux puisqu'il s'agit du seul enregistrement du line-up d'origine des Melvins : Buzz, Matt Lukin et Mike Dillard.
"Never breathe what you can't see" est le fruit de la collaboration entre le charismatique leader des Dead Kennedys Jello Biafra et les mythiques Melvins. Les riffs sont excellents, la voix aérienne de Jello Biafra (on aime ou pas) toujours aussi efficace et les textes plutôt cyniques. L'album ne brille pas par son originalité mais par sa richesse, les influences des deux "camps" s'alliant à merveille. Un mariage réussi... c'est rare !!
"Pigs of the roman empire" résulte d'une bien étrange alliance. D'un côté The Melvins, le groupe culte, de l'autre Brian Williams alias Lustmord, maître de l'ambient expérimental etau milieu un autre invité de marque Adam Jones, ex guitariste de Tool. L'album alterne entre des instrumentaux dark ambient, d'étranges nappes électro, des riffs lourds typiques de The Melvins emmenés par le chant de Buzz... Un album surprenant entre rock et dark ambient.
Ipecac, label de The Melvins, a ressorti l'album "10 songs" sorti en 1986 et y a ajouté 16 raretés et démos. "10 songs" est donc logiquement devenu "26 songs". Cet album montre les débuts d'un groupe qui n'a jamais cessé de s'améliorer pour présenter au final quelque chose d'assez expérimental. "26 songs" peut être un bon cadeau pour un inconditionnel de The Melvins.
L'album commence très fort : "Black stooges" et les rythmes monstrueux de Dale Crover. Le ton est donné, les autres titres ne vont jamais faire dans la demi-mesure et c'est une avalanche de breaks, de riffs agressifs et torturés, d'expérimentations que nous devons encaisser. "Hostile ambient takeover" est un album qui part à mille à l'heure, environ cinquante minutes intenses prouvant que The Melvins est un grand, un très grand groupe... Sûrement l'un de leurs meilleurs albums.
"Electroretard" se compose de reprises et de vieux titres du groupe. Si "Shit storm", "Lovely butterfly", "Tipping the lion" et "Gluey porch treatment" n'ont pas retenus notre attention, la reprise de The Wipers "Youth of America" est un bon titre de neuf minutes, efficace et entraînant. Quand aux autres reprises, "Missing" de The Cows est sobre et délicieux, "Interstellar overdrive" de Pink Floyd nous offre un beau voyage psychédélique.
Pour ce dernier volet de la trilogie, The Melvins se payent le luxe d'inviter sur chaque titre un ou plusieurs musiciens de groupes tels que Tool, Brutal Truth, Jesus Lizard, Mr Bungle, Exit-13, Helmet. L'album est d'une infinie richesse puisque les compositions explorent quasimment tous les styles : doom, country, indus, grunge, stoner, jazz... Une intéressante rencontre entre des univers souvent opposés.
Deuxième partie de la trilogie, "The bootlicker" est un album expérimental, calme limite pop. Les morceaux sont ironiques, énigmatiques, surprenant et il est extrêmement difficile d'en résumer le contenu. Plutôt que de lire un long discours, mieux vaut écouter le cd, confortablement assis chez soi, avec un bon verre, une jolie fille ou ce que vous voulez d'autre...
Premier album paru sur le label de Mike Patton, "The maggot" est également le premier volet d'une trilogie. Chacun des huit titres sont divisés en deux parties ce qui nous donnent en réalité seize titres, par exemple "amazon" puis "amazaon" et "AMAZON" et "AMAZON"... Vous suivez ? Non ? C'est pas grave. L'important est que l'on retrouve un Melvins survolté : riffs très rapides, larsen, rythmes monstrueux... Bref, un album mature, efficace. Les fans seront ravis !
Après un premier titre ("They all must be slaughtered"), zen et aérien, la musique de The Melvins s'oriente vers un grunge déstructuré excellent ("Mombius Hibachi") puis change à nouveau pour d'étranges expérimentations électro pop / rock. "Honky" est un album très particulier. Peut-être faut-il écouter l'album plusieurs fois pour en saisir le sens...
"Stag" est un disque aux sonorités diverses et aux compositions psychédéliques, rock ou pop. Parmi les meilleurs titres, citons "The bloat" et ses rythmes de batterie magistraux, "Tipping the lion" pour ses influences 70's, "Goggles" un titre assez inquiétant, noisy, l'excellent "Buck Owens" qui propose un speed métal technique et inspiré et pour finir "Captain pugent", le titre le plus rageur de l'album. The Melvins sont à l'aise dans presque tous les styles. Un coup de maître !
"Stoner witch" est un album sombre, expérimental et puissant. Les titres sont ultra-rapides et s'enchaînent parfaitement. Les ambiances sont extrêmement noires, limite malsaines ; les voix possédées et envoûtantes... The Melvins nous montre ce qu'est réellement le rock : une musique capable de nous emmener loin, très loin, l'oeuvre de génies, anges ou démons. "Stoner witch" est un album mythique, difficile à décrire. Peut-être la perfection...